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THÉRAPIE EMDR

Le Eye Movement Desensitization & Reprocessing (EMDR) est une approche thérapeutique qui a fait l'objet de beaucoup de recherches et qui a prouvé son efficacité dans le traitement de traumatismes et plusieurs autres problèmes de santé mentale. Jusqu'à maintenant, on estime que cette approche a permis  à des millions de personnes de tous âges de soulager leur détresse psychologique. Personne ne sait tout à fait comment les différentes formes de psychothérapies agissent au plan neurobiologique (sur le cerveau).

On sait cependant que si une personne est très bouleversée lors d'un événement difficile, son cerveau n'intègre pas l'information comme il le ferait en temps habituel : la situation difficile devient figée dans le temps. Si bien que lorsque la personne y pense elle revit les émotions pénibles souvent avec la même intensité qu'au moment de l'événement : les odeurs, les images, les sons, les pensées négatives, les sensations physiques, etc. sont demeurés les mêmes. C'est ce qu'on appelle un souvenir non résolu ou un trauma.

A long terme, ces souvenirs figés dans le cerveau risquent d'avoir des effets néfastes qui peuvent interférer avec le fonctionnement quotidien de la personne, sur sa façon de voir son monde et sur ses relations interpersonnelles. L'EMDR semble agir directement sur le fonctionnement neurologique en rétablissant la capacité du cerveau à traiter l'information. Ainsi, après les sessions d'EMDR, les images, les sons, les sensations et les émotions envahissantes initiales ne sont plus réactivés lorsque la personne repense à l'événement.

On se rappelle encore de l'événement, mais sans la détresse intense. On pense que l'EMDR agit de la même manière que la phase de rêve, pendant laquelle les yeux bougent rapidement, ce qui vient faciliter la digestion du matériel emmagasiné lors de nos expèriences. On peut donc considérer que l'EMDR est une thérapie ayant des bases physiologiques permettant d'en arriver à concevoir les souvenirs perturbateurs sous un angle nouveau et avec moins de détresse.

Source: https://emdrcanada.org/emdr-defined/

EMDR : le vrai mode d’emploi

Par Sylvain Michelet 

Bouger les yeux pour guérir l’esprit ? C’est le pari de l’EMDR, méthode fondée par la psychologue américaine Francine Shapiro, dont l’ouvrage Des yeux pour guérir vient de sortir en France. Les résultats sont étonnants. A condition d’utiliser cette technique à bon escient. Explications.

C’est par hasard, lors d’une promenade en mai 1987, que la psychologue américaine Francine Shapiro découvrit que ses « petites pensées négatives obsédantes » disparaissaient quand elle faisait aller et venir rapidement ses yeux de gauche à droite. Il ne lui en fallut pas davantage pour proposer l’exercice à ses collègues, l’expérimenter auprès de ses patients et créer l’EMDR, avec des résultats éclatants – notamment pour les états de stress post traumatique (ESPT) subis par les victimes de conflits, d’attentats, de violences sexuelles ou de catastrophes naturelles.


Devenue chercheuse au Mental Research Institute de Palo Alto, le docteur Shapiro a reçu en 2002 le prix Sigmund Freud, plus haute distinction mondiale en psychothérapie. Entre-temps, soixante mille praticiens avaient été formés à l’EMDR dans plus de quatre-vingts pays, une association humanitaire était née pour intervenir après les grandes catastrophes. Les études, dont celles sur les ESPT menées par l’administration américaine chargée des anciens combattants, ont confirmé l’efficacité de l’EMDR. Les personnes traitées se comptent aujourd’hui par centaines de milliers, avance Francine Shapiro (aux Etats-Unis, chaque victime directe ou indirecte d’une catastrophe -attentat, accident d’avion… - à la possibilité d’être traitée rapidement par EMDR).

QUAND ?

Après un traumatisme :

La méthode ne s’applique pas qu’aux grands chocs, mais aussi aux plus petits traumatismes, comme les expériences pénibles laissant un souvenir trop empreint de souffrance. « Venue consulter pour des angoisses et des paniques auxquelles je ne trouvais aucune cause, raconte Cécile, la quarantaine, en réponse à notre appel à témoins sur Psychologies.com, j’ai choisi un souvenir pénible où j’avais pris la fuite. Après une série de “balayages”, j’ai senti une douleur très forte dans mes jambes. Mon thérapeute m’a alors demandé de regarder ses doigts et a répondu : “OK, on va faire partir ça !” La douleur et l’émotion liées au souvenir ont disparu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’étais scotchée! Puis, nous avons installé une croyance positive à la place de la croyance négative en rapport avec cette émotion. “Je suis nulle” devait être remplacé par “Je suis quelqu’un de bien”.

Soudainement très calme, je me suis sentie respirer comme jamais. »

L’EMDR peut aussi se révéler efficace dans d’autres types d’affections, comme la toxicomanie, l’anorexie ou la dépression. « Cette méthode voit s’ouvrir sans cesse de nouvelles perspectives, telles la dépression sans cause traumatique ou la schizophrénie à ses débuts », explique Jacques Roques, psychologue, psychanalyste et vice-président d’EMDR-France. Seuls les cas de psychose, les états suicidaires et les troubles cardiaques récents figurent parmi les contre-indications.

COMMENT ?

Dissocier émotion et souvenir :

Souvenir et émotion négative contre croyance positive. Le secret serait-il dans la tension entre ces représentations contradictoires, dans leur évaluation plusieurs fois par séance, ou réside-t-il dans les mystérieux balayages des yeux ? Marie, institutrice trentenaire, en livre les détails : « Je devais, en restant dans mon souvenir et dans l’émotion qu’il suscitait, fixer les mouvements que la thérapeute faisait avec sa main, de gauche à droite. Une quinzaine d’allers-retours cadencés, amples et précis, larges de un mètre environ. Ensuite, nous avons fait une pause en reparlant de la scène et de mon émotion. J’avais le sentiment qu’elle cherchait à m’y faire rentrer tout à fait. Après la deuxième séquence de mouvements, je me sentais différente, plus calme. Nous avons recommencé encore deux fois, avec des pauses où l’on évaluait le degré de l’émotion. A la fin, j’étais apaisée. »

« Il y a de l’hypnose là-dedans, et beaucoup d’autres choses inspirées de la sophrologie, du comportementalisme ou des sciences cognitives », reconnaît Francine Shapiro. Mais le souvenir traumatique ne s’évanouit pas, aucun claquement de doigts ne vient effacer une portion de temps. Le réconfort ne vient pas non plus par suggestion ou relaxation, et encore moins par immersion avec « visite » des lieux du drame. Il ne repose pas sur des mots, des images ou des sons, comme dans la majorité des thérapies. « C’est différent, explique Marie. On est au cœur d’une émotion qui nous emporte, et petit à petit elle nous quitte, ou du moins va se blottir quelque part où elle ne fait plus mal. On sait qu’elle est là, qu’on l’a vécue, mais c’est un souvenir. » « Je regarde le passé autrement, précise Claire, 50 ans, consultante. Au lieu de subir, je me sens protégée et plus dynamique. »

 POURQUOI ?

Désactiver l’émotion :

Même si l’EMDR pose en postulat que l’esprit possède, comme le corps, une capacité à s’autoguérir, on peut s’interroger sur une telle simplicité. La réponse réside dans une conception nouvelle du traumatisme, qui fait appel à la neurologie. « Chaque événement douloureux laisse une marque dans le cerveau, précise le psychiatre David Servan-Schreiber, qui a introduit la méthode dans l’Hexagone, et qui préside l’association EMDR-France. Celui-ci effectue alors un travail de “digestion” permettant aux émotions qui accompagnent le souvenir de se désactiver. A moins que le traumatisme ait été trop fort ou ait frappé à une période où nous étions vulnérables. Dans ce cas, les images, les pensées, les sons et les émotions liés à l’événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Dans l’EMDR, le mouvement oculaire “débloque” l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète son travail.


Sans afficher de certitudes, Francine Shapiro propose un rapprochement entre l’EMDR et le sommeil à mouvements oculaires rapides, ce moment où l’on rêve mais où s’effectue également la répartition mémorielle. Car évidemment, tout repose sur la mémoire, sur l’encodage du souvenir et des émotions qui l’accompagnent. Ce qui soignerait, dans l’EMDR, c’est de « reformater » cet encodage. Replongé dans son passé afin d’être au plus près des perceptions sensorielles éprouvées au moment de l’événement, le patient est conduit, grâce à une stimulation sensorielle, à concentrer son activité cérébrale sur le présent. De cette polarisation naîtrait la possibilité de retraiter le traumatisme par dissociation de l’émotion et du souvenir. D’où le fait que celui-ci ne disparaisse pas. Il se délivre de sa charge émotionnelle, comme après un deuil.

AVEC QUI ?

Choisir un thérapeute dûment former et agréé :

Cette réactivation traumatique n’est pas sans risque. « Beaucoup de choses remontent entre les séances, raconte Cécile. J’ai eu par exemple un flash concernant un gros traumatisme subi dans ma petite enfance, dont j’avais complètement oublié l’existence. » Un traumatisme pouvant en cacher un autre, il est indispensable de pratiquer l’EMDR avec un psychiatre ou un psychologue dûment formé. Ils sont actuellement plus d’une centaine en France.  À noter qu’au Canada et aux États-Unis, les travailleurs sociaux dûment formés,  peuvent également pratiquer l’EMDR. Au Québec, les travailleurs sociaux doivent également posséder le titre de psychothérapeutes pour pouvoir pratiquer l’EMDR.

DE QUOI S’AGIT-IL ?

EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires.


LE PRINCIPE : « Si un événement douloureux a été mal “digéré” parce que trop violent, explique le psychiatre David Servan-Schreiber, les images, les sons et les sensations liés à l’événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Le mouvement oculaire débloque l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète le travail. »

UNE THÉRAPIE CONTROVERSÉE :

L’EMDR fait l’objet depuis ses débuts d’une vive polémique. Un traitement sans mots, sans transfert, sans travail d’interprétation de l’inconscient ni décodage systématique, cela va à l’encontre des pratiques communes. Ses détracteurs ont longtemps discuté son efficacité, qualifiant l’EMDR de pseudoscience, se gaussant de la découverte selon laquelle une stimulation sensorielle autre que le mouvement oculaire peut aussi faire l’affaire.

« Jusqu’à présent, la psychothérapie était fondée sur une idée : seules l’écoute et la parole guérissent, explique Jacques Roques, vice-président d’EMDR-France. On parlait des problèmes psychiques uniquement en termes de sémantique – la rencontre de la mort pour les états de stress post traumatique, par exemple. Or on se rend compte maintenant de l’importance du fonctionnement cérébral. La psyché est indissociable de son substrat neurologique : on peut restimuler le traitement de l’information de manière parfois fulgurante, contredisant l’idée reçue selon laquelle il faut du temps pour guérir. »
Aurions-nous du mal à admettre que notre cerveau puisse être reprogrammé comme un ordinateur ?…

A LIRE :

“Des yeux pour guérir” de Francine Shapiro et Margot Silk Forrest. Aidée d’une journaliste, la créatrice de l’EMDR livre enfin ses secrets en français, avec nombre d’explications et d’exemples à l’appui (Seuil, 2005).


“Guérir” de David Servan-Schreiber.
Dans son livre best-seller, le docteur David Servan-Schreiber consacre plusieurs chapitres à l’EMDR, qu’il définit comme une « autoguérison des grands traumatismes » (Pocket, 2005).


“EMDR, une révolution thérapeutique” de Jacques Roques.
En s’adressant au grand public comme aux professionnels, ce psychanalyste, ex-praticien au CHU de Nîmes, fait œuvre didactique et offre un portrait complet de l’EMDR : troubles, traitement, développements cliniques (Desclée de Brouwer, 2003).

Qu’est-ce qu’un traumatisme ?

Les événements traumatisants sont des expériences qui dépassent notre capacité d’adaptation. Ils sont pires que stressants; ils nous menacent, nous choquent et nous terrifient. Ils peuvent nous faire perdre le contrôle de nous-même et nous accabler de sentiments de terreur, de honte, de désespoir et d’impuissance. Comme ces événements sortent de l’ordinaire, ils peuvent provoquer des réactions qui nous semblent extrêmes et « folles ». Non seulement ces réactions et symptômes sont normaux, ils constituent souvent un bon moyen de s’adapter à des circonstances très éprouvantes.

Le DSM-IV définit le terme traumatisme comme le fait de vivre ou d’être témoin d’un événement lors duquel quelqu’un est blessé ou menacé de sévices physiques. Cet événement provoque d’intenses sentiments de peur, de désespoir ou d’horreur. 

Nous employons une définition bien plus large du  traumatisme. Cette définition présente le traumatisme comme une expérience subjective et jugée perturbante et/ou terrifiante par la personne elle-même.  Cela comprend les traumatismes continus ou récurrents, à l'enfance et à l'âge adulte, tels que les mauvais traitements physiques ou psychologiques (Ex. négligence, maltraitance,agression verbale ou physique, violence conjugale, abus sexuel, etc.).

Source: Women's College Hospital, 2012

Il y aurait environ 20 études scientifiques contrôlées sur l’EMDR. Leurs résultats indiquent que l’EMDR est efficace pour diminuer ou éliminer les différents symptômes de Stress post-traumatique pour la plupart des clients. Souvent les clients rapportent aussi une amélioration des autres symptômes associés, tel que l’anxiété.

Actuellement, les lignes directrices de la International Society for Traumatic Stress Studies reconnaissent l’EMDR en tant que thérapie efficace dans le traitement du Stress post-traumatique. Il en est également ainsi pour le U.S. Department of Veterans’ Affairs and Department of Defense, le United Kingdom Department of Health, le Israeli National Council for Mental Health, ainsi que d’autres organisations en santé ou agences gouvernementales.

De plus, certaines études ont aussi indiqué que l’EMDR peut être un traitement efficient et rapide. Pour plus d’information le site web de l’Association internationale de EMDR présente une bibliographie de la recherche portant sur l’EMDR : www.emdria.org 

Source: EMDR Canada

QU’EST-CE QUE L’EMDR

POUR ADOLESCENTS

 REFAITES L’ENREGISTREMENT !

Si vous avez le sentiment d’aller mal, ça a probablement à voir avec quelque chose de difficile qui vous est arrivé.  C’est peut-être en rapport avec un accident, une agression, de l’intimidation, un incendie, ou quelque chose de plus horrible.  Peut-être cela n’est-il arrivé qu’une fois, mais ça peut aussi avoir duré des mois ou même des années.  Quand on vit ce genre de choses, ça peut changer votre façon d’être.  Ce qui s’est passé peut, par exemple, passer et repasser en boucle dans votre esprit comme un film ou bien vous n’avez plus envie de rien ou peut-être que vous ne pouvez plus dormir.  Vous pouvez aussi être très vite énervé(e) ou avoir du mal à vous concentrer.


Beaucoup de jeunes ne comprennent pas pourquoi ils se mettent brusquement à réagir tout à fait différemment d’avant.  En fait, cela vient des souvenirs des choses graves qui leur sont arrivées. Et des impressions terribles, des pensées horribles qui vont avec.  Heureusement, il y a quelque chose qui peut les aider rapidement.  Ça s’appelle l’EMDR.

 

 PLUS VITE QUE VOUS NE CROYEZ


L’EMDR, qui signifie en anglais « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires », est une forme de thérapie pour les enfants, les adolescents et les adultes qui ont vécu une ou plusieurs expériences pénibles, quand ces expériences ont entraîné chez eux des problèmes psychologiques.  Les scientifiques pensent que dans ces cas, les souvenirs des expériences pénibles ne sont pas stockés comme ils devraient l’être dans la mémoire.  Quand l’EMDR aura corrigé ça, les problèmes qui vous ont amené(e) ici vont diminuer ou disparaître.

L’agréable avec l’EMDR, c’est que vous allez voir apparaître les améliorations rapidement.  Si vous n’avez eu qu’une seule mauvaise expérience, vous aurez probablement fini la thérapie plus tôt que quelqu’un qui a été menacé ou maltraité plus longtemps.  Mais même dans ces cas, l’EMDR est très utile. 

Liza (17 ans):

 

« Quand j’ai commencé, j’avais des cauchemars.  Ils avaient l’air tellement vrais que c’était comme si j’étais encore en train d’être abusée.  J’avais du mal à dormir et je n’arrivais pas à me concentrer pendant la journée, alors mon travail de classe partait complètement en vrille aussi.  Je me reprochais l’abus sexuel.  Je me disais que c’était comme une punition pour quelque chose de mal que j’avais dû faire avant.  Maintenant, quand je pense que je me sentais responsable des actes de mon cousin, ça me met en colère.  Je sais que je vaux autant que tout le monde, et que je mérite donc du respect moi aussi.  Les cauchemars ont disparu.  Je dors mieux et ça marche bien à l’école aussi parce que je suis bien plus en forme.  Au début, je trouvais ça un peu bizarre, ces mouvements avec les yeux.  Mais, il suffit de voir où j’en suis maintenant.  J’ai beaucoup plus confiance en moi et je n’ai plus peur que ça m’arrive de nouveau. »

 

 

QU’EST-CE QU’ON VA CHOISIR?


D’abord, le thérapeute va vous demander de lui faire le récit de ce qui vous est arrivé, et de bloquer le récit sur « l’image » qui est la plus difficile à regarder pour vous.  Ensuite tous les deux, vous allez trouver un moyen pour que vous ne vous sentiez plus aussi mal chaque fois que vous repensez à ces choses difficiles.  Ça marche comme ça : pendant que vous vous concentrez sur « l’image dans votre esprit », sur ce que ça vous fait penser et ce que ça vous fait ressentir dans le présent, le thérapeute va vous demander de faire, en même temps, une autre chose qui n’a rien à voir.  Ce sera l’une de ces trois choses :


Ø  ou bien vous suivez ses doigts du regard pendant qu’il les fait aller et venir devant vos yeux;


Ø  ou bien vous tapotez dans les mains du thérapeute (ou c’est lui qui tape dans les vôtres;

 Ø  ou bien vous tenez des ``buzzers dans chaque main


Régulièrement, le thérapeute vous demandera ce que vous remarquez et ce qui change.  Il peut s’agir d’images, de pensées, d’émotions, mais aussi de sensations physiques : des tensions, une douleur.  Parfois, des choses apparaissent dont vous n’avez pas envie de parler ou que vous avez peur de dire.  Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas obligé(e) de le faire.  La thérapie va se poursuivre jusqu’à ce que vous ne soyez plus affecté(e) du tout par les souvenirs de l’expérience pénible que vous avez vécue.

 

 UN PEU ÉNERVÉ(E)...


Ne soyez pas étonné(e) si vous pensez davantage que d’habitude à cette (ou ces) expériences pénibles ou à des choses liées à ces expériences pendant la période où vous serez en thérapie : le mécanisme de traitement des informations de votre cerveau a été activé, et ce mécanisme ne s’arrête pas quand vous quittez le bureau du thérapeute.  Vous aurez peut-être un peu d’anxiété ou un peu d’énervement ; heureusement, cela disparaît en moyenne dans les trois jours suivant une séance de thérapie.  Et il est possible aussi que vous n’éprouviez rien de semblable.

 

    Damien, 13 ans : ça avance tout seul

 

« Quand j’ai commencé les mouvements d’yeux, immédiatement, des tas de trucs sont arrivés : des images, des idées, des sentiments.  Quelquefois, ça n’avait aucun rapport.  Il y avait des quantités de choses qui passaient.  Mais le thérapeute te guide vraiment bien : quand tu arrêtes les tapotements ou les mouvements d’yeux, tu dis juste ce que tu ressens, ce qui change ou ce qui te passe par la tête.  Au début, je croyais qu’il fallait rester sur la première image ou la faire revenir, mais il n’y a pas besoin de contrôler ou de rester sur quelque chose.  C’est pour ça que c’est une thérapie vraiment à part.  Ça avance tout seul.  Il faut simplement avoir le cran de se concentrer sur soi-même. 

Ça suffit. »

 

Kelly, 15 ans :  je me suis dit : trop bizarre, ce truc !

 

« La première fois, ça a été vraiment difficile parce que je ne savais pas trop à quoi m’attendre.  On t’explique certains trucs au départ, mais c’était quand même un peu vague.  Je me suis dit : trop bizarre, ce truc !  Oh, et puis bon !  Mais de toute façon, ça ne va pas m’aider.

 

J’avais aussi très peur d’être obligée de parler à quelqu’un de ce qui m’était arrivé parce que je ne l’avais encore jamais dit à personne.  La première étape, c’est d’apprendre à faire confiance à ton thérapeute et d’essayer d’être à l’aise.  Comme ça, on arrive à se concentrer et la thérapie marche mieux.  L’EMDR est quand même très différente de ce qu’on appelle les thérapies par la parole, parce que parler, ça t’aide d’un côté, mais ce que tu as vécu n’est pas moins pénible.  Ce qu’il y a de bien avec cette thérapie, c’est qu’on travaille sur ses mauvais souvenirs, et ça aide vraiment à avancer.  Je n’ai pas eu besoin de parler beaucoup pendant la thérapie, et ça m’allait bien.  On a traité ce qui m’est arrivé, petit bout par petit bout jusqu’à ce que tout soit réglé.  C’était vraiment dur de me concentrer sur un souvenir que j’avais toujours essayé d’éviter au maximum.  Mais, on se met à penser autrement et les

 

 

sentiments douloureux changent et disparaissent.  J’avais de moins en moins peur, je me sentais de moins en moins tendue et coupable.  Aujourd’hui, je peux y repenser sans que ça fiche ma vie en l’air sans arrêt."

 

 VOUS AVEZ D’AUTRES QUESTIONS ?

 

Vous pouvez poser toutes les questions que vous voulez à votre thérapeute.

Cela ne l’ennuiera pas du tout

TU BOUGES TES YEUX ET ÇA S’EN VA DE TA TÊTE


Tu es venu ici parce qu’il t’est arrivé quelque chose de grave qui te fait souffrir.  Peut-être que c’était un accident de voiture ou un incendie ou quelqu’un qui s’est moqué de toi ou même qui t’a fait du mal ou autre chose de grave.  C’est peut-être arrivé une seule fois ou peut-être que ça a continué pendant longtemps, des mois ou même des années.  Quand on vit des choses graves comme ça, quelquefois on se sent tout bizarre à l’intérieur, et quelquefois on revoit ce qui s’est passé, comme un film qui passe et repasse dans ta tête.  Peut-être qu’à cause de ça, tu n’as plus de goût à rien et tu a peut-être aussi du mal à dormir ou bien tu te mets en colère ou tu es dans la lune, et alors, tu n’arrives plus à te concentrer.


Pour beaucoup d’enfants, c’est bizarre de ne plus être comme avant d’un seul coup.  Mais, c’est à cause de ce qu’ils ont vécu, et des choses affreuses et tristes qui restent dans la tête.  Heureusement, il y a quelque chose qui peut t’aider rapidement, et qui s’appelle EMDR.

 

VITE FAIT, BIEN FAIT


L’EMDR, c’est une thérapie qui marche très bien pour les enfants comme toi.  Pour faire de l’EMDR, tu vas chez quelqu’un qu’on appelle un psychothérapeute (ou un thérapeute, c’est la même chose).  Un thérapeute, c’est un monsieur ou une dame qui est là pour t’aider à aller bien de nouveau.  L’EMDR marche très bien.  Il y a des fois où ça marche plus vite que d’autres.  Si cette vilaine chose ne t’est arrivée qu’une fois, tu vas guérir plus vite que d’autres garçons et filles qui ont eu des vilaines choses pendant longtemps, ça se comprend.  Mais même là, l’EMDR peut vraiment t’aider.  Quand ils ont fait de l’EMDR, beaucoup d’enfants disent qu’ils ont trouvé ça amusant.

 


                                    Tim (11 ans) :

                                    « Je me sens beaucoup mieux.  Je dors bien.  Je suis content, j’ai envie de faire des choses maintenant.  J’ai bien aimé le truc de bouger les yeux.  C’était marrant. »

 

QU’EST-CE QU’ON VA CHOISIR ?


Qu’est-ce qui se passe pendant la thérapie ?  D’abord, le thérapeute va te demander de lui raconter ce qui t’est arrivé, et de lui dire l’image du moment où tu te sens le plus mal quand tu y penses.  Il peut aussi te demander de le dessiner.


Ensuite, tous les deux, vous allez trouver un moyen pour que tu ne te sentes plus mal comme ça chaque fois que tu penses à ces choses difficiles.  Ça marche comme ça : tu te concentre sur « l’image dans ta tête » (ou sur ton dessin), sur ce que ça te fait penser et ce que ça te fait ressentir.  Et en même temps, tu vas faire quelque chose de complètement différent.  Le thérapeute va choisir une de ces trois façons de faire :

 *   tu suis ses doigts du regard, pendant qu’il les fait aller et venir devant ton visage;


ou bien tu tiens des "buzzers" dans chacune de tes mains.


*   ou bien tu tapotes dans les mains du thérapeute avec tes mains (ou c’est lui qui tapote dans les tiennes).

 

Sophie (9 ans) :


« La première fois, je me suis demandé si ça allait m’aider.  Mais la deuxième fois, j’étais sûre que oui, parce que je me suis sentie bien, tranquille.  Je n’ai plus peur de faire des choses comme avant, et je suis vraiment heureuse maintenant ».

 

 

À quoi penses-tu maintenant? 


De temps en temps, le thérapeute va te demander : « qu’est-ce que tu ressens maintenant ? » ou « à quoi penses-tu ? »  Quelquefois, tu vas revoir des images de ce qui s’est passé.  Ou alors brusquement, tu vas te dire quelque chose, comme par exemple que c’était ta faute.  Peut-être tu te sentiras triste, tu auras peur, ou tu seras en colère.  Ou bien tu vas remarquer des choses nouvelles dans ton corps, comme la gorge qui te gratouille, ou mal au ventre, et tu le diras au thérapeute.  Et quand il n’y aura plus rien de rien qui t’embêtera, tu lui diras : « rien ».  La thérapie continuera jusqu’à ce que tu puisses regarder « l’image dans ta tête » (ou le dessin) et que ça ne te fasse plus rien.  Jusqu’à ce que ça ne te fasse plus souffrir.  C’est ce qu’on cherche.  Les problèmes que tu avais en venant ici la première fois seront devenus tout petits, ou ils auront complètement disparu.

                                     Jamie (5 ans) :

« Quand on tape avec les mains, on dirait que ça s’envole tout.  C’est comme si on faisait ‘abracadabra’, et ça s’envole tout de la tête en tout petits morceaux.Et ça ne revient jamais.